Vous êtes ici

Invader AKA the Street-Art virus

Catégorie:

Invader : L’artiste pixelisé qui conquiert le monde

Street-artiste visionnaire et figure mythique de l’art urbain, Invader (de son vrai nom Franck Slama) a révolutionné le paysage artistique avec ses Space Invaders mosaïqués. Né dans les années 1990 de la culture geek et du jeu vidéo Space Invaders, son travail fusionne références rétro, archéologie numérique et art public, faisant de lui l’un des artistes les plus influents et paradoxalement mystérieux du XXIᵉ siècle.

Une invasion planétaire et multidisciplinaire

Depuis sa première apparition à Paris en 1998, Invader a colonisé plus de 80 villes et 40 pays, de Los Angeles à Tokyo, en passant par les favelas de Rio ou les ruines de Pompéi. En 2023, son armée de pixels compte plus de 4 000 œuvres recensées, chacune cartographiée comme un trésor dans son appli Flash Invaders – un jeu mondial qui transforme les chasseurs d’art en agents de sa "mission".

Son univers dépasse largement la rue :

Cinéma : Ses mosaïques apparaissent dans Amélie Poulain (2001), Arnaud Viard les intègre dans Le Petit Nicolas (2022), et des séries comme Emily in Paris (2023) les utilisent comme symbole de la culture parisienne.

Musées : Exposé au Louvre (département des Arts graphiques) et au Museum of Urban Art de New York, il brouille les frontières entre art institutionnel et illégal.

Technologie : En 2021, il lance Wipe Out, une série d’œuvres éphémères sur des plaques de glace, commentaire poétique sur le réchauffement climatique.

Un art convoité, un combat contre le vol

Les Space Invaders, conçus comme des « virus esthétiques », sont devenus des objets de collection ultra-côtés. Certaines pièces atteignent plus de 500 000 € en vente aux enchères, alimentant un marché noir mondial. En réponse :

2020 : La mairie de Paris classe 1 200 de ses œuvres au titre du patrimoine, les protégeant juridiquement.

2022 : Une opération policière internationale démantèle un réseau volant ses mosaïques pour les revendre en Asie et aux États-Unis.

2023 : Invader lance un système de QR codes cryptés sur ses nouvelles œuvres, traçables via la blockchain, pour authentifier et décourager les vols.

Un génie de la subversion culturelle

Invader ne se contente pas de coller des pixels : il réinvente les codes de l’art.

Références hybrides : Il mélange mythologie grecque (Medusa à Athènes), pop culture (Hello Kitty à Tokyo), et symboles locaux (un Space Invader en coquillages à Saint-Malo).

Guérilla artistique : En 2019, il « envahit » la Lune via un dispositif laser projetant un Space Invader depuis la Terre – œuvre éphémère et non monnayable, critique envers l’art spéculatif.

Engagement politique : En 2024, il collabore avec des ONG pour des œuvres éphémères dans des zones de conflit, comme un Space Invader en éclats de verre à Kyiv, symbole de résistance.

L’héritage d’un pionnier

Considéré comme le Banksy français – bien que son identité soit partiellement révélée –, Invader a inspiré une génération d’artistes urbains, du collectif OBEY (Shepard Fairey) aux NFT Artists qui reprennent son esthétique pixelisée.

Chiffres clés 2024 :

4 200+ œuvres documentées, dont 10 % ont été « retirées » (volées, détruites ou conservées).

1,5 million d’utilisateurs actifs sur Flash Invaders, avec des communautés fan en Corée du Sud et au Brésil.

20 livres et documentaires lui sont consacrés, dont Invader : 25 Years of Art Invasion (éd. Alternatives, 2023).

Citation de l’artiste
« Mes œuvres sont comme des graffitis du futur : elles interrogent ce qui reste quand la technologie et la ville évoluent. Je suis un archéologue de l’impossible. »
— Invader, interview pour Télérama, 2023.